Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /2009 20:29

Chapitre V

 

            Un groupe de Popos s’était rassemblé sur le bord d’une falaise, raclant chaque centimètre de neige à la recherche d’une touffe d’herbe. Soudain, un cri perça le silence du blizzard et une créature énorme atterrit brusquement sur le sol, à quelques pas des Popos. Il sema la discorde parmi le troupeau et attendit qu’un jeune s’isole malencontreusement du reste du groupe. Il chargea rapidement vers lui et tenta de sauter sur lui. La première tentative ratée, il en retenta deux. Ce ne fût qu’à la quatrième qu’il réussi à se jeter sur lui et à lui arracher la poche de graisse du dos qui constitue le meilleur morceau que l’on peut avoir sur un jeune Popo.

 

            Après son déjeuner, la créature plana jusqu’à une route commerciale et se posa sur un promontoire, d’où il pouvait surveiller la route sur plusieurs centaines de mètres. Au bout de quelques minutes, un convoi entamait son passage d’une ville à l’autre.

 

            Bien sûr que les hommes qui m’accompagnaient avaient peur : un Tigrex ne se tue pas aussi facilement, mais avec cette tactique, cela ne devrait pas être un problème. Le Tigrex nous vit et attendit que l’on soit le plus près possible avant de crier et de sauter de sa falaise pour charger sur les chariots. Les chasseurs mobilisés tremblaient et se retournèrent vers moi, avec des yeux suppliants. A chaque mètre que le monstre parcourait, les chasseurs étaient de plus en plus pressés d’en finir. Ce ne fut que lorsque la bête se trouva à 3 mètres du convoi que je donnai le signal de faire feu. Le plus gros chariot explosa violemment en blessant mortellement le Wivern. Ce dernier recula de quelques mètres, fit un saut en arrière et cria, et du sang commença à couler le long de ses bras. Je compris qu’il s’était énervé et commanda l’explosion du deuxième chariot. Des deux qui restaient sortirent des chasseurs, équipés de fusarbalète du modèle juste en dessous de celui d’Aya. Ils tirèrent des balles hautement explosives, préparées par les soins de l’artilleuse experte.

 

            Le Tigrex, fatigué, s’envola vers une destination connue de tous : le nid des Wiverns des montagnes. Nous prîmes le même chemin en décidant de se séparer : Aya, moi et deux autres chasseurs en chasse dans les sommets et le reste retournant au village pour rassurer ceux qui ne furent pas mobilisés.

 

            Les ronflements du Wivern résonnaient dans la grotte gelée. Il faisait froid et je voulais en finir au plus vite. Nous improvisâmes un plan d’exécution : Aya trouverait un promontoire sûr pour tirer sur la bête sans risque, et moi et les autres l’immobiliseront avec des fosses piégées -deux exactement, c’était tout ce qu’on avait-. Je le réveillai par une démonisation -puisque c’est le terme que tous les chasseurs emploient pour définir cette attaque plus que violent- extrêmement bien placée, ce qui eut pour effet de l’énerver brusquement, si bien que les deux chasseurs qui nous accompagnaient furent envoyés en arrière, inconscients.

 

            Soudain, le Tigrex se figea. Mes réflexes accrus, je pouvais le massacrer en toute tranquillité. La suit du combat ne dura pas plus de 2 minutes : chaque fois que le Tigrex tentait une sortie, une attaque, j’était plus rapide que lui et l’arrêtai. Il fini par marcher dans une des fosses que l’on avait préparé à son intention. Tombant dedans avec fracas, il mourut sur le coup.

 

 

Nous revînmes à Pokke, victorieux et fiers d’avoir accompli un tel exploit. En marchant dans la grande rue, traînant un chariot rempli de griffes, de crocs et de carapaces, nous eûmes l’accueil que j’attendais. Nous laissâmes le chariot de composants à l’échoppe de création et nous dirigeâmes vers le comptoir de la guilde. Puis, une fois installés, nous bûmes  jusqu’au soir.

 

En se couchant, tout le monde ressentis la même chose : qu’ils ne seront pas attaqués en pleine nuit, qu’il ne manqueront pas de provisions et surtout, que la mort d’un monstre si puissant sèmerait la panique parmi les autres créatures et qu’ils n’oseront pas s’attaquer au village un fois de plus. Les habitants de Pokke étaient donc en sécurité, pour le moment -un sacré moment d’ailleurs-. Croyant que ma quête était accomplie, je décidai de rester à Pokke et remplaçai le chasseur parti à la retraite. Il s’était battu contre le même Tigrex auparavant et avait réussi à le blesser grièvement, et donc à le faire fuir, au prix de sa validité.

 

            Cependant, un événement troubla ma nouvelle vie : je me souvins soudain que j’avais promis à ma sœur de lui écrire. Je m’empressais donc de lui conter mes aventures :

 

                                                            Cher sœur,

 

Je tiens d’abord à m’excuser pour le retard que j’ai pris dans notre correspondance, j’étais trop occupé. J’ai pris l’itinéraire suivant : je suis d’abord passé par le chemin Ouest du volcan pour rejoindre le désert, puis je suis remonté à Kokoto, où j’ai appris qu’un Tigrex terrorisait la région. Je me suis empressé de l’abattre et, tu as dû l’apprendre assez vite, j’ai libéré l’acheminement de marchandises jusqu’à Pokke. J’ai affronté bien des monstres et n’ai jamais abaissé ma garde. Je serai toujours prêt à revenir, si un danger te guette.

 

            Il me reste bien des monstres à affronter et bien des régions à explorer, mais cela prendra le temps qu’il faudra. J’ai actuellement une vie paisible à Pokke et attends avec un impatience la réponse de cette lettre. Mes visions se sont apaisées depuis mon départ et je n’ais aucun mal à vivre. Encore une fois je te remercie de m’avoir laissé partir. A bientôt j’espère.

 

                                                                                                            Ton frère qui t’aime

 

            Quelques mois après l’envoi de cette lettre je reçu une autre lettre, avec mon adresse précise écrite dessus à l’encre noire. Je compris qu’elle ne venait pas de Nat : elle écrivait au bleu. Tandis que je la lisais, l’horreur m’empara.

 

                                                            Cher monsieur,

 

            D’après les autorités de Gardemine, il a été reporté que vous avez quitté la ville sans en prévenir ni votre travail, ni le gouverneur de la ville. De plus, vous avez tué et vous êtes lancé dans la carrière de chasseur sans vous inscrire au comptoir de la guilde. Vous êtes déclaré officiellement de chasseur hors-la-loi. Nous vous sommons de vous rendre dès que possible à Gardemine, où vous aurez un procès légal. De plus, toute communication avec votre sœur Nat sera interrompue jusqu’à nouvel ordre. Cette dernière a été dépossédée de tous ses biens et envoyée chez sa tante de Jumbo, dont elle ignorait l’existence.

Par Raven
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